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Le Big Bang et après : la place de
l'homme dans l'Univers ? Tel était le thème de la conférence
du cycle "Rencontres avec des hommes remarquables", organsiées
en partenariat avec les anciens de Polytechnique et de l'ENA.
L’univers de nos croyances
Un peu d’histoire pour arriver sur le cheminement de la pensée
cosmologique moderne : « de tout temps, l’homme a cherché
à mettre un visage familier au monde qui l’entoure »
; un bon moyen de dissiper ses angoisses !
Les anthropologues ont mis en lumière l’univers magique des
premiers hommes où les esprits « terre », « soleil
», « lune »…régissaient les codes explicatifs
des phénomènes. Puis les esprits s’éloignent
de la nature et acquièrent de plus en plus de pouvoir : l’univers
mythique est né. Les égyptiens, les indiens créent
des Dieux distants et cosmiques. Les chinois, qui ne croient pas en Dieu
; introduisent la voie du juste milieu : le Yin et le Yang. La Grèce
balbutie les premières lois physiques, par la raison uniquement,
faute d’outils pour l’observation. Les mathématiques
firent leur entrée dans la pensée cosmologique avec Pythagore
: l’univers devient géocentrique…pendant 15 siècles
! Puis Copernic déloge l’homme de sa place centrale et l’univers
devient héliocentrique ; Galilée invente le télescope
et prend conscience de l’apport de la lumière : utile pour
l’explication des codes cosmiques…Depuis, les télescopes
se sont sophistiqués et l’astronomie optique est née
; les sondes spatiales, l’informatique ont permis l’observation
de l’invisible : l’ère spatiale prend la suite…
Le mur de la connaissance
Avec un éblouissant survol de l’univers observable d’aujourd’hui
-une bagatelle presque sphérique de 13,7 milliards années-lumière
de rayon-, nous arrivons, étourdis et émus, devant la représentation
du rayonnement fossile. Pour ce faire, nous avons appris à voir
plus grand, donc plus faible, donc plus loin, donc plus tôt ! En
passant, nous avons fait un voyage dans l’espace-temps, compris
la singularité de la gravité, intégré avec
Einstein, Friedmann… les quelques équations fondamentales
qui régissent toute l’architecture cosmique et l’infiniment
grand. Nos contemporains continuent d’explorer l’infiniment
petit avec la mécanique quantique. Nous sommes arrivés sur
la butée du mur de la connaissance : à l’endroit où
l’univers est dense et opaque, à l’endroit où
les accélérateurs de particules et les mathématiques
prennent la relève, à l’endroit où l’unification
des lois entre l’infiniment grand et l’infiniment petit doit
aboutir pour comprendre l’histoire totale...
L’histoire de l’univers ?
C’est l’histoire de la mise en œuvre de la complexité.
Notre origine ? De l’hydrogène et de l’hélium.
C’est tout. Les conditions initiales ? Juste un réglage de
densité ! Si la densité est trop grande, l’univers
s’effondre en un Big Crunch et il n’y a pas assez de temps
pour grimper la pyramide de la complexité. Si le densité
est trop petite, il n’y a pas d’étoiles et pas de galaxies,
donc pas de vie.
Quel chemin parcouru pour arriver à la conscience ! Heureusement,
les lois de l’évolution ont permis l’invention du sexe:
il a généré la complexité. Nous ne divisons
plus nos gènes, nous les mélangeons et Darwin entre en scène…
Nous comprenons que c’est grâce à la mort des dinosaures
que nous sommes là. Et nous pouvons enfin comprendre que nous sommes
une poussière d’étoiles…
Physique et métaphysique
A ce stade, il reste les choix métaphysiques. Beaucoup de scientifiques
croient au hasard, à l’infinité des univers et à
notre combinaison gagnante. Le gros lot ! D’autres scientifiques
croient en la nécessité, à un principe créateur
qui a réglé l’univers depuis son début. Thuan
se dévoile : son pari pascalien est la nécessité
du fait de la beauté, de l’harmonie –les lois ne varient
ni dans le temps, ni dans l’espace-, de l’unité des
lois entre ciel et terre et puis, les autre univers ne sont pas observables
et ne pourront pas l’être !
L’homme
Le professeur Trinh Xuan Thuan est multiculturel : né au Vietnam
et fortement nourri des valeurs de son pays d’origine, il est imprégné
de culture française durant tout son cycle secondaire à
Hanoi. S’apprêtant à préparer les concours des
grandes écoles scientifiques françaises, il a été
conduit – par le Général de Gaulle (sic) – à
poursuivre des études de physique aux Etats-Unis et devenir citoyen
américain. Au Caltech, il découvre l’infiniment grand,
grâce aux plus grands télescopes du monde et devient spécialiste
de l'astronomie galactique. C’est avec fierté qu’il
nous a présenté sa dernière découverte : un
magnifique bébé galaxies de moins de 500 000 millions d’années
! A une encablée du mur de Planck, ce bébé est l’un
des plus jeunes objets cosmiques connus de nos jours.
Pluridisciplinaire par construction, il cumule des activités de
chercheur et de professeur à l’université de Virginie
; conjointement, il traduit par ses ouvrages, dans la langue de Molière,
la synthèse philosophique des connaissances scientifiques de ce
début de siècle.
Vivre au cœur de la beauté absolue, lorsque l’on se
prénomme Thuan, n’est-ce pas une évidence ? Au fait,
Thuan signifie Harmonie en vietnamien…
Pascale
Sevault-Desnos
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