Portrait des nominées
Elsa Berry (H.80)
L'excellence dans l'engagement professionnel et civique
Parcours depuis HEC et expériences marquantes :
Elsa Berry est de nationalité américaine mais fait ses études à l’université Paris X puis à HEC dont elle sort diplômée en1980. Quatre ans après sa sortie d'HEC, elle crée son propre cabinet de conseil en fusions et acquisitions avec des bureaux à New York, Paris et Stuttgart. Dans ce cadre, elle est à l’origine de plusieurs opérations d’acquisitions sur le marché américain pour le compte de groupes allemands et de grands groupes français parmi les plus prestigieux du CAC40. Puis elle revend sa société pour prendre la tête des activités de fusions et acquisitions de la BNP à New York.
Elle occupe ce poste dans la haute finance internationale depuis près de 20 ans mais a néanmoins trouvé le temps de consacrer son énergie au Lycée Français de New York (LFNY), transformant « une institution vieillotte en fleuron de l’éducation française ».
Lorsqu’elle commence à s’intéresser au LFNY, c’est en tant que parent. Elue à la tête de l’association des parents d’élèves, elle décide de renouveler les structures et les statuts de cette vénérable institution née en 1935 et qui n’avait as été dépoussiérée depuis.
Son diagnostic sur l’inefficacité d’un établissement éclaté en six localisations différentes et au projet éducatif vieillot est loin d’être partagé par une administration peu ouverte au changement et par un conseil d’administration passif. La volonté et la ténacité d’Elsa (soutenue par des parents d’élèves qu’elle parviendra à rallier en nombre) lui permettent de faire évoluer dans le bon sens le LFNY. Son action conduit notamment au regroupement des six sites sur un seul emplacement, construit sur mesure à Manhattan, pour un coût total de 125 millions de dollars avec une augmentation de la capacité d'accueil passant de 800 à 1 315 élèves aujourd’hui.
Elle permet aussi l’amélioration du corps professoral avec une politique de nouveaux recrutements, tout en maintenant les frais de scolarité à des niveaux très raisonnables pour une école en plein cœur de Manhattan.
Organisée, elle impulse la mise en place d’outils de gestion efficaces et son expertise financière permet un montage financier adapté au projet (95 millions de dollars de dette obligataire émise sous l’autorité de la ville de New York) et son dynamisme aide à lever des fonds suffisants – plusieurs millions de dollars chaque année- pour soutenir dans la durée les opérations de restructuration et augmenter de façon spectaculaire les bourses données par le LFNY.
En 1999, elle est élue présidente du Conseil d’Administration du LFNY, poste qu’elle occupe encore aujourd’hui, et elle est décorée en 2003 Chevalier de l'Ordre National du Mérite pour son dévouement à la reconstruction du LFNY. Elle est aussi Conseiller du Commerce Extérieur de la France et membre fondateur du bureau des Diplomés HEC à New York.
Son message à la communauté HEC :
« HEC m’a beaucoup apporté et mérite d’être mieux connue des entreprises américaines ».
Pascale Demeure-Ouakrat (H.86)
L’important, c’est d’y croire…
Parcours depuis HEC et expériences marquantes :
Rien ne laissait présager que Pascale Demeure-Ouakrat évoluerait la plus grande partie de sa carrière dans une entreprise d’ingénieurs. Diplômée d’HEC en 1986, elle commence une carrière dans une banque comme analyste financier, puis comme chargée d’affaires en fusions et acquisitions. Elle franchit le pas vers l’industrie en 1998 en devenant directeur financier et du développement d’une société qui fabrique du matériel aéroportuaire pour les compagnies aériennes. Prenant goût au contexte industriel et aux entreprises d’ingénieurs, elle entre dans une division du groupe Thalès au sein de la direction de la stratégie où elle pilote l’acquisition d’entreprises de services informatiques présentes sur le marché de la banque et de l’assurance.
Elle évolue avec le périmètre de cette activité et devient deux ans plus tard directeur de la Business Unit Banque & Assurance. Sa mission est de transformer durablement l’activité de cette branche en augmentant la valeur ajoutée des services offerts et de permettre ainsi à l’entreprise de se positionner durablement sur le marché des services informatiques aux banques et aux sociétés d’assurance. Cet objectif atteint, la direction des opérations de Thalès lui confie en 2006 la direction d’un projet transversal d’amélioration de la performance, afin d’accroître la satisfaction des clients et la compétitivité des services offerts. Cette mission nécessite le pilotage de 350 équipes dispersées dans toute l’Europe et couvre un périmètre de 10 000 salariés.
Dans une entreprise marquée par une très forte culture d’ingénieur et où les femmes HEC sont plutôt rares à ce niveau de responsabilité, elle a su faire accepter son parcours atypique et rouver sa place.
Son message à la communauté HEC :
« Le monde de l’entreprise a des règles qui sont faites pour et par les hommes. Nos diplômes nous donnent juste le droit d’entrer dans la cour à condition d’en accepter les règles. Nous pourrons les changer ou les faire évoluer une fois que les femmes seront plus nombreuses à des postes de direction. Beaucoup de choses restent à faire pour qu’il y ait une égalité de traitement entre les hommes et les femmes dans l’entreprise. Qu’ils soient vigilants aux idées toutes faites surtout dans ce domaine ! Qu’ils s’interrogent sincèrement sur ce qu’ils veulent pour les femmes de leur entourage immédiat !”
Solange Glaize (H.87)
Une HEC à Silicon Valley
Parcours depuis HEC et expériences marquantes :
Qui a dit que le plus grand frein à l’évolution de carrière des femmes était leur manque de mobilité professionnelle ? Après une scolarité à HEC conclue par une majeure « Entrepreneur » en 1987, Solange Glaize entre chez Hewlett Packard où elle occupe des fonctions financières en France et dans le Colorado jusqu’en 1999 lorsque HP se sépare de son secteur d’instruments de mesure avec la création d’Agilent Technologies. Elle accepte alors d’assurer, à Bruxelles, la direction des services financiers d’Agilent Technologies pour l’Europe. Peu d’employés d’Hewlett Packard acceptent cette aventure qui suppose en plus un déménagement familial. Le mari de Solange démissionne de son emploi pour gérer le déménagement et l’acclimatation de leur famille (deux enfants de neuf et cinq ans) en Belgique. Par ailleurs, le climat chez Agilent Technologies en Europe est loin d’être facile : Solange doit embaucher une nouvelle équipe, la motiver et, en parallèle, gérer la fermeture d’une unité caduque en Écosse.
En cinq ans, le pari réussit. Solange prend alors en charge, au siège d’Agilent technologies à Santa Clara, les finances d’une nouvelle filiale dans le secteur très spécialisé des Sciences de la Vie, qui fournit en instrumentation sophistiquée le marché très porteur de la biotechnologie, plus spécialement de la recherche scientifique sur le génome humain. La filiale est fortement déficitaire et la direction d’Agilent lui donne deux ans pour rééquilibrer les comptes. Difficile mission dans un univers de scientifiques peu versés aux subtilités de la finance. Elle met un an à vendre son plan de redressement en interne. Mais les résultats sont au rendez-vous avec des chiffres de croissance des plus dynamiques (+38% pour le premier trimestre 2007) et, aujourd’hui, sa division avoisine le milliard de dollars de chiffre d’affaires. Elle ne cache pas sa fierté de voir les résultats prometteurs de sa division évoqués dans les communications trimestrielles d’Agilent aux investisseurs !
A côté de son rôle très prenant de directeur financier, Solange est sensible aux problèmes particuliers posés par le multiculturalisme des salariés et elle crée une fondation pour aider les salariés d’Agilent Technologies originaires d’Europe à garder leur droits pleins à la retraite dans leur pays d’origine. Solange trouve même le temps de peindre à l’aquarelle et de se préparer pour le triathlon « Wild Flower Mountain bike » de 2009 (elle a fini les éditions 2005 et 2006), elle qui, de son propre aveu, n’est « pas vraiment une sportive de nature » !
Son message à la communauté HEC :
« Foncez! Faites preuve d’ouverture d’esprit, ayez soif d’apprendre, laissez vous guider par votre intuition et mettez votre talent au service des autres. Poursuivez vos rêves, avec passion et persévérance. Après tout, la devise d’HEC quand je suis sortie de l’école était d’ « apprendre à
oser ». Gardez la tête froide : il y aura autant de bas que de hauts, et pour faire face à l’adversité gardez votre sens de l'humour. Tout ne marche pas toujours du premier coup. On grandit le plus quand on affronte des difficultés. Et n'oubliez pas de payer en retour : soyez généreux (ses), partager votre savoir, aider la nouvelle génération, et plus spécialement pour les femmes, faites preuve d’une solidarité féminine indéfectible. »
Sophie Javary (H.80)
Million $$$ lady
Parcours depuis HEC et expériences marquantes :
La discrétion de Sophie Javary est sans commune mesure avec son influence dans le milieu très fermé de la haute finance. Dans ce milieu conservateur s’il en est, elle n’hésite pas à innover, à accepter les défis, à créer des activités nouvelles et à changer de fonctions et d’entreprise.
Diplômée d’HEC en 1980, elle commence sa carrière chez Indosuez où elle contribue, de 1989 à 1993, à créer le département des émissions d’actions internationales. Elle positionne ainsi Indosuez parmi les dix premières banques mondiales dans ce domaine et réalise en cinq ans près de quarante opérations d’émissions d’actions internationales. Habile à gérer des processus complexes de montages d’opérations financières nouvelles, elle sait s’adapter aux contextes internationaux les plus divers (Italie, Royaume Uni, Allemagne, Espagne, Portugal, Brésil).
Depuis 2002, elle est associée-gérant de Rothschild & Cie Banque, qu’elle a rejoint en 1994 et où elle codirige (avec un homme) toutes les activités dans l’ « Equity Capital Markets » (marché primaire actions). A ce titre, elle coanime une équipe de 40 personnes en charge de conseiller et de coordonner les introductions en bourse et opérations boursières dans le monde entier. Elle est aujourd’hui l’une des femmes les plus écoutées dans la finance de marché en Europe. Elle affiche à son palmarès des opérations prestigieuses, notamment dans les introductions en bourse qui sont son domaine de prédilection: elle dirige personnellement celle d'EDF en 2005 (7 milliards d’offre pour plus de 60 milliards d’euros de capitalisation et l’aboutissement de quatre années de conseil et de préparation), la restructuration financière de France Télécom en 2003 (augmentation de capital de 15 milliards d’euros) et la privatisation d’Air France (2004).
Elle participe activement à des groupes de réflexion de place sur de nombreux sujets concernant les évolutions de la place financière de Paris et intervient régulièrement dans une émission de vulgarisation sur la bourse et les marchés financiers « l’économie en actions » diffusée le weekend sur LCI. Elle donne également des cours de finance à HEC, où elle innove là aussi avec un module pour les étudiants de troisième année sur le patriotisme économique en finance. Enfin, elle prend aussi son rôle de « mentor » très à cœur puisqu’elle « marraine » de nombreux diplômés (hommes et femmes) qui suivent ses traces dans le monde de la banque d’affaires.
Son message à la communauté HEC :
« Dans le monde de demain, les valeurs culturelles européennes devront encore plus être affirmées et défendues : protégeons-les par une vraie approche internationale de tous les métiers que nous exerçons et ouvrons-nous partout au respect de nos concitoyens européens et à une approche commune sur le plus de sujets possibles ».
Catherine Mantel (H.76)
Pionnière à l’Est
Parcours depuis HEC et expériences marquantes :
Catherine Mantel n’a pas froid aux yeux. Elle « apprend à oser » -la devise de l’école HEC - dès le premier jour de son arrivée sur le campus : en effet, elle a, avec 25 autres jeunes femmes, le privilège de faire partie de la première promotion mixte sur le campus de Jouy-en-Josas en 1973. Cette petite révolution ne s’est pas passée sans heurts. Il a fallu à ces pionnières se faire accepter par 750 hommes, leur faire admettre que l’arrivée des femmes ne dévaloriserait pas leur diplôme, bien au contraire. L’expérience a galvanisé Catherine et inspiré l’ensemble de sa carrière professionnelle à travers deux préceptes : d’une part, il n’y a pas de domaine réservé aux hommes, d’autre part : les défis les plus difficiles sont aussi les plus beaux. Ainsi, elle choisit d’exercer ses compétences dans des domaines industriels, et dans des pays étrangers pas forcément des plus accueillants (son premier voyage à Moscou remonte à 1970).
Munie de son diplôme d’HEC et d’un DEA d’Économie de l’Énergie à l’Institut Français des Pétroles, elle entre d’abord chez Corning Glass Works, le leader mondial des verres techniques, en Europe de l’Est (notamment Roumanie et Yougoslavie) à la fin des années 1970. Elle y est « ingénieur commercial export » chargée de commercialiser des produits et des licences. On imagine les difficultés, pour la représentante française d’une compagnie américaine, de poser les bases de relations commerciales saines de l’autre côté du « Rideau de Fer ».
Puis elle rejoint le groupe Alcatel en tant que responsable marketing et vente des systèmes d’automatisme dans les pays anglo-saxons. Elle y travaille notamment sur l’adjudication du système de péage du « Pennsylvania Turnpike ». Entre 1983 et 1987, elle est responsable des financements d’actifs au Crédit Lyonnais et travaille avec les grands groupes industriels français (Bouygues, Thomson…) sur l’Asie (notamment Indonésie et Corée). A partir de 1992 et pendant 10 ans, elle crée ex nihilo et développe cette même activité pour Indosuez sur l’Europe Centrale (Slovaquie, Roumanie, Bulgarie, Pologne) et Orientale (en particuiler Russie, Kazakhstan, Ouzbékistan et Azerbaïdjan).
Depuis décembre 2002, chez Gaz de France, elle se spécialise sur la Russie : Présidente du directoire d’une joint venture entre Gazprom et Gaz de France, Directeur Général de la filiale russe du métier « Services » de Gaz de France , active auprès des grands industriels, principalement français, s’implantant en Russie. Elle est aussi à l’origine de projets de construction ou d’acquisition : pilote stratégique d’un projet de cogénération (200 M€) à Moscou en partenariat avec Mosgaz, elle amène le Groupe Gaz de France à s’intéresser à la privatisation de certains actifs de production de RAO UES, la société russe d’électricité, la plus grande au monde avant son démantèlement en cours.
Son message à la communauté HEC :
« Accepter de quitter l’Hexagone, accepter l’autre dans sa différence, s’ouvrir au plus grand nombre de langues et de cultures. »