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ANTOINE BERNHEIM

l'édito de bain & co


"Il padrone"


Grand-croix de la Légion d’honneur, Antoine Bernheim est un exemple dans le monde des affaires qui collectionne les décorations françaises, italiennes et même brésiliennes. Mais sa principale médaille est sans doute d’avoir fait du Groupe Generali qu’il préside un acteur majeur du secteur de l’assurance.

Aujourd’hui, le grand assureur italien affiche fièrement sa troisième place parmi les assureurs européens, juste derrière AXA et Allianz, mais loin devant Aviva. Generali, c’est 84 000 salariés, 476 filiales dans 64 pays, 60 millions de clients, près de 69 milliards de primes. C’est aussi une valorisation en Bourse qui fait référence parmi ses pairs.

Certes, le résultat opérationnel de Generali a enregistré une baisse durant la crise, mais elle repose essentiellement sur les répercussions des mauvaises performances des marchés financiers sur l’assurance. Et contrairement à certains de ses concurrents, notamment américains, Generali n’a pas été emporté par la tourmente des produits structurés, vers lesquels Antoine Bernheim n’a jamais voulu se tourner en vertu d’un principe simple et sage : “Quand je ne comprends pas, je ne fais pas.”

Cette sûreté du coup d’oeil et cette capacité d’anticiper sont les clés de la stratégie de développement menée par Antoine Bernheim depuis qu’il est aux commandes de Generali, composée à la fois de croissance organique et d’acquisitions. Un “sans-faute” à la fois pour le timing et les choix géographiques. Solidement installé sur ses bases, l’Italie, l’Allemagne et la France, Generali est aussi bien placé dans les jeunes démocraties d’Europe de l’Est et déjà présent en Asie.

Outre le développement, Antoine Bernheim a su aussi faire évoluer Generali pour transformer le Groupe en appliquant sa pertinente vision économique et industrielle de l’assurance, reposant sur trois axes majeurs : la performance du modèle producteur-distributeur, l’innovation sur les produits et l’excellence opérationnelle, enfin la rigueur et la prudence dans l’allocation des fonds propres ainsi que la gestion financière.

C’est ainsi qu’Antoine Bernheim a pu non seulement faire grandir Generali mais aussi mettre le Groupe en situation de mieux résister que d’autres à la crise : c’est aujourd’hui une valeur refuge. L’histoire ne s’arrête bien entendu pas là, et il est certain qu’Antoine Bernheim marquera encore Generali en trouvant les réponses adéquates aux enjeux actuels du secteur de l’assurance et du Groupe.


Camille Goossens
Associé et membre du pôle Services Financiers
Bain & Company


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