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RENCONTRE AVEC DES HOMMES REMARQUABLES

compte rendu de la conference du 30 mai 2006

L'énergie en actions

Conférence de Bernard Laponche, expert international en politique énergétique, et Maximilien Rouer, président de Be Positive. Une rencontre co-organisée avec l’association eden.

 

Par Jean-Marc Sevault (H.76) et Valérie Blanchot-Courtois (X86), présidente de l’association eden

Peut-on ignorer la question de l’énergie, pour notre vie présente et future ?
Bernard Laponche, la vision énergétique : “le besoin de 3 planètes Terre”
“Dans le scénario ‘Business As Usual’ i.e. dans la continuité des tendances et des politiques actuelles, l’Agence Internationale de l’Energie identifie un besoin de ressources global quasi doublé entre 2004 et 2030. Dans ce scénario qui coûte cher et augmente les tensions, l’objectif de restreindre les émissions de CO2 reste inatteignable. Ce scénario n’est tout simplement ni soutenable ni possible. Nous ne pourrons pas exploiter les ressources de 3 planètes Terre !”


Maximilien Rouer, la vision climatique : “le futur dépend de nous”
“Si l’atmosphère a eu, au cours du dernier million d’années, un taux de CO2 de moins de 280 ppm (280 molécules de CO2 pour 1 million de molécules d’air), ce taux a exagérément grimpé à 380 ppm depuis l’industrialisation du monde. Il s’agit là du passage d’un monde connu par l’homme, avec un climat stable, à un monde inconnu, avec un climat instable. Mais ce futur dépend de nous. Concernant les réserves, plutôt qu’une question de quantité d’énergie, c’est son prix qui est l’enjeu suprême. L’évolution des prix, présentée comme conjoncturelle, va devenir structurelle.”


Points de repère, par Bernard Laponche

  • Le pétrole est l’énergie produite dominante dans le monde : 35 % en 2004, ce qui explique bien les enjeux et les tensions actuelles.
  • Le gros de l’énergie ne va pas dans l’industrie (seulement 28 %) mais dans les secteurs de l’habitat, du tertiaire et des transports (en forte augmentation). Le secteur du transport est presque entièrement dépendant du pétrole, d’où sa vulnérabilité actuelle.
  • Les pays industrialisés consomment aujourd’hui plus de 50 % de l’énergie mondiale produite, pour 20 % de la population totale. Cette inégalité fait ressortir la question actuelle des pays émergents.
  • Par habitant, le pays consommateur d’énergie primaire le plus élevé reste les USA (2 fois plus que l’Europe ou le Japon) mais avec une stabilité de taux assez méconnue depuis 30 ans.
  • Relativement au PIB, l’intensité énergétique primaire des pays montre que le pays le plus sobre est le Japon, puis l’Europe. La Russie et la CEEI ont par contre des intensités énergétiques beaucoup trop élevées.

Des pistes de solutions : l’efficacité énergétique et l’économie positive
Bernard Laponche, l’efficacité énergétique
“Nous devons changer de paradigme. Sur 20 ans, dans l’OCDE, nous avons déjà su faire autant d’économies que notre propre consommation actuelle. La grande proposition, c’est donc de se donner les moyens de diminuer les niveaux de consommation énergétique par l’efficacité énergétique. En Europe, mettre en place un plan d’économies d’énergie par l’application rigoureuse des mesures déjà adoptées et de mesures additionnelles peut conduire à retrouver en 2020 un niveau de consommation égal à celui de 1990, sur la base d’un niveau de services équivalent. Cette proposition peut donc nous rendre optimiste !”


Maximilien Rouer, l’économie positive
“La seule énergie abondante et durable (à part le nucléaire) est la lumière solaire pour faire de la photosynthèse et réactiver la pompe à carbone. Construire 500 millions de nouveaux logements en bio-matériaux dans les 20 prochaines années dans les pays émergents conduirait l’homme, par son industrie, à re-stocker le carbone à un taux raisonnable. Il nous faut donc passer d’une économie négative (PIB & consommation des ressources corrélés) ou durable (“doing less bad”) à une économie positive où le CA est directement corrélé à la production de matière ou d’énergie, ce qui représente autant d’opportunités de développement. Les services et produits de demain stockeront du carbone en utilisant la photosynthèse. Cela nécessite de  passer par des innovations radicales avec de nouveaux business modèles. Prenons des exemples…”


Points de repère, par Maximilien Rouer
Des exemples d’acteurs qui sont passés à l’action

  • Un grand groupe électronique US, consommateur de 1 Mt de CO2/an, souhaite être neutre en carbone en 2010… Il réutilise son énergie par cogénération, plante des arbres en Afrique…
  • Par un système simple de prêts bonifiés, une région installe une nouvelle dynamique d’efficacité énergétique
  • Un distributeur d’énergie garantit un prix fixe de vente à ses clients et leur propose des solutions de réduction d’énergie dans ses périodes d’achat déficitaires
  • Une entreprise spécialisée dans le traitement des déchets utilise le génie végétal… et réduit ses coûts de 50 %
  • Une entreprise allemande loue les surfaces des toits de grands ensembles pour produire de l’énergie photovoltaïque et conforte ainsi de nouveaux actifs auprès des entreprises


A propos d'eden


Plateforme entrepreneuriale d’innovation dans l’énergie, eden développe un écosystème de l’innovation en Europe auprès des citoyens et des acteurs économiques en développant leur conscience énergétique et en favorisant la création, le développement et le financement des entreprises innovantes de l’énergie.
Fédérant de très nombreux acteurs, eden, lauréat 2006 des initiatives de l’économie dans la catégorie “recherche et innovation”, se transforme actuellement en fondation  et recherche dans ce but une quinzaine d’acteurs majeurs de l’économie.
www.eden-energy.com


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